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lundi 15 avril

Jacky Lebas à la MCL de Gérardmer dans le cadre d’un week-end dédié à l’Ukraine : « Je partirai le jour de la paix »

"On rase la forêt pour y mettre des morts"

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Jacky Lebas sera présent à la MCL de Gérardmer dans le cadre d’un week-end consacré à l’Ukraine (programme disponible : cliquez ici !) où il ira à la rencontre du public vendredi avant que ne soit projeté son nouveau film « Ukraine, la terre oubliée » samedi soir.

Plusieurs clichés pris par J. Lebas sont également exposés à la MCL.

De retour à Gérardmer, ville qu’il apprécie et qu’il connaît très bien pour l’avoir longtemps fréquentée lors du festival du film fantastique ou à l’occasion des Rencontres du Cinéma, Jacky Lebas a débuté son parcours dans les métiers du cinéma comme il aime le dire. Dès l’âge de 14 ans, il a démarré à Caen comme opérateur projectionniste, puis ouvre son premier cinéma d’art et d’essai à 19 ans, qui, après une année de mise à l’épreuve, se verra baptiser du nom de Chaplin avec l’autorisation de sa veuve… Le début d’une aventure qui l’amènera à ouvrir d’autres Chaplin et même à devenir président des exploitants de salle du secteur Nord.

Mais Jacky Lebas a rapidement eu envie de passer derrière la caméra, lui qui « fonctionne au coup de cœur » et aime « montrer la beauté du monde dans ses films » notamment celle de pays qu’il considère comme mal connu. C’est le cas de la Roumanie où il a vécu et à qui il a consacré l’un des 5 longs métrages, notamment axé sur la chute de Ceaușescu. L’Ukraine, c’est par le biais d’une jeune fille qu’il accueillait dans le cadre du programme « Les Enfants de Tchernobyl »( cliquez ici !) que Jacky Lebas y posera finalement ses valises. Venu à son tour lui rendre visite dans son pays natal en 2018, il sera de retour un peu plus tard avec sa caméra. « J’ai appris l’histoire du pays. (…) L’Ukraine est une terre oubliée, c’est un des rares pays du monde sur lequel on ne peut pas écrire plus de 3 lignes si on nous le demandait… » précise-t-il afin d’expliquer le choix du titre de son documentaire qui commence à Tchernobyl. « C’était compliqué… On a essayé de comprendre la vérité, mais par ce que raconte les locaux, autour d’un verre, autour d’une table, en écoutant les gens. Au début je n’ai pas sortie la caméra« .

Le film sera achevé le 22 février 2022, les rumeurs de guerre étaient déjà bien présentes, mais, comme l’explique Jacky Lebas, « personne ici en Ukraine n’y croyait, pas même la veille que ça éclate ! » Et pourtant, tout va très vite. Le Français réside avec son épouse ukrainienne à 800m d’un aéroport militaire touché de plein fouet dès les premiers instants, le 24 février. Il film les premières images du conflit et ne cessera plus depuis. Il décide également de mettre la sortie de son film entre parenthèse. De nombreux médias le contactent, y compris France TV. Il devient finalement un peu reporter malgré lui, se rend sur tous les principaux sites du conflit et fait des images gratuitement, lui qui se sent un peu Ukrainien. « Je n’étais pas préparé à ça. Je me suis investi seul dans cette mission, et même si la vie devient dure, compliqué, et qu’il faut partir, je partirai le jour de la paix... » Jacky Lebas filme et photographie des scènes dramatiques, apocalyptiques, et déclare : « Poutine n’est pas un homme de guerre comme les autres. Il entretient la terreur dans tout le pays, frappe partout… »

Conscient que son travail n’est « qu’une goutte d’eau » , il part tout de même pour une tournée de conférence de près de 3 ans sur l’Ukraine et espère que ses 12 000 photos et 27 heures de film « serviront peut-être à un moment, s’il y a des bilans, des procès… Mais c’est surtout l’avenir qui m’inquiète. Tout est touché : les naissances, la scolarité, l’économie, l’écologie… On rase des forêts pour mettre des morts… Il n’y aura personne pour reconstruire l’Ukraine. Et les femmes, à juste titre ont peur, peur du retour des hommes, elle se demandent dans quel état ils vont revenir. Fous, alcooliques, violents, tout ça à la fois ? » Un avenir glaçant, tout comme son témoignage que vous êtes invités à partager vendredi soir à la MCL de Gérardmer. Plus bucolique, son film « Ukraine, terre oubliée »,  projeté en avant-première samedi, pourrait bien devenir une scorie d’un pays qui n’a jamais vraiment livré toutes ses merveilles au monde qui l’entoure. Un monde qui l’a, sans doute, un peu ignoré.

Extraits :

Jacky Lebas

MCL Gérardmer

Ukraine

Jacky Lebas sera présent à la MCL de Gérardmer dans le cadre d’un week-end consacré à l’Ukraine (programme disponible : cliquez ici !) où il ira à la rencontre du public vendredi avant que ne soit projeté son nouveau film « Ukraine, la terre oubliée » samedi soir.

Plusieurs clichés pris par J. Lebas sont également exposés à la MCL.

De retour à Gérardmer, ville qu’il apprécie et qu’il connaît très bien pour l’avoir longtemps fréquentée lors du festival du film fantastique ou à l’occasion des Rencontres du Cinéma, Jacky Lebas a débuté son parcours dans les métiers du cinéma comme il aime le dire. Dès l’âge de 14 ans, il a démarré à Caen comme opérateur projectionniste, puis ouvre son premier cinéma d’art et d’essai à 19 ans, qui, après une année de mise à l’épreuve, se verra baptiser du nom de Chaplin avec l’autorisation de sa veuve… Le début d’une aventure qui l’amènera à ouvrir d’autres Chaplin et même à devenir président des exploitants de salle du secteur Nord.

Mais Jacky Lebas a rapidement eu envie de passer derrière la caméra, lui qui « fonctionne au coup de cœur » et aime « montrer la beauté du monde dans ses films » notamment celle de pays qu’il considère comme mal connu. C’est le cas de la Roumanie où il a vécu et à qui il a consacré l’un des 5 longs métrages, notamment axé sur la chute de Ceaușescu. L’Ukraine, c’est par le biais d’une jeune fille qu’il accueillait dans le cadre du programme « Les Enfants de Tchernobyl »( cliquez ici !) que Jacky Lebas y posera finalement ses valises. Venu à son tour lui rendre visite dans son pays natal en 2018, il sera de retour un peu plus tard avec sa caméra. « J’ai appris l’histoire du pays. (…) L’Ukraine est une terre oubliée, c’est un des rares pays du monde sur lequel on ne peut pas écrire plus de 3 lignes si on nous le demandait… » précise-t-il afin d’expliquer le choix du titre de son documentaire qui commence à Tchernobyl. « C’était compliqué… On a essayé de comprendre la vérité, mais par ce que raconte les locaux, autour d’un verre, autour d’une table, en écoutant les gens. Au début je n’ai pas sortie la caméra« .

Le film sera achevé le 22 février 2022, les rumeurs de guerre étaient déjà bien présentes, mais, comme l’explique Jacky Lebas, « personne ici en Ukraine n’y croyait, pas même la veille que ça éclate ! » Et pourtant, tout va très vite. Le Français réside avec son épouse ukrainienne à 800m d’un aéroport militaire touché de plein fouet dès les premiers instants, le 24 février. Il film les premières images du conflit et ne cessera plus depuis. Il décide également de mettre la sortie de son film entre parenthèse. De nombreux médias le contactent, y compris France TV. Il devient finalement un peu reporter malgré lui, se rend sur tous les principaux sites du conflit et fait des images gratuitement, lui qui se sent un peu Ukrainien. « Je n’étais pas préparé à ça. Je me suis investi seul dans cette mission, et même si la vie devient dure, compliqué, et qu’il faut partir, je partirai le jour de la paix... » Jacky Lebas filme et photographie des scènes dramatiques, apocalyptiques, et déclare : « Poutine n’est pas un homme de guerre comme les autres. Il entretient la terreur dans tout le pays, frappe partout… »

Conscient que son travail n’est « qu’une goutte d’eau » , il part tout de même pour une tournée de conférence de près de 3 ans sur l’Ukraine et espère que ses 12 000 photos et 27 heures de film « serviront peut-être à un moment, s’il y a des bilans, des procès… Mais c’est surtout l’avenir qui m’inquiète. Tout est touché : les naissances, la scolarité, l’économie, l’écologie… On rase des forêts pour mettre des morts… Il n’y aura personne pour reconstruire l’Ukraine. Et les femmes, à juste titre ont peur, peur du retour des hommes, elle se demandent dans quel état ils vont revenir. Fous, alcooliques, violents, tout ça à la fois ? » Un avenir glaçant, tout comme son témoignage que vous êtes invités à partager vendredi soir à la MCL de Gérardmer. Plus bucolique, son film « Ukraine, terre oubliée »,  projeté en avant-première samedi, pourrait bien devenir une scorie d’un pays qui n’a jamais vraiment livré toutes ses merveilles au monde qui l’entoure. Un monde qui l’a, sans doute, un peu ignoré.

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